Fiscalité · Produits dérivés · France
Fiscalité des produits dérivés — options, futures, warrants & CFD
Comment l'article 150 ter du CGI impose vos gains sur instruments financiers à terme : PFU sans abattement, et un sort des pertes radicalement différent de celui des autres revenus. Le point à connaître absolument avant de déclarer.
📅 Mise à jour : 09/2026 · Base légale : article 150 ter CGI
Les profits réalisés par une personne physique fiscalement domiciliée en France, agissant à titre non professionnel, sur les instruments financiers à terme sont imposables au titre de l'article 150 ter du CGI (complété par les articles 150 quater à 150 septies).
Sont visés : le marché à terme (futures de type MATIF), le marché d'options négociables, les bons d'option et warrants, ainsi que — par assimilation — les CFD. Ces gains sont soumis au PFU, sans abattement pour durée de détention.
Le PFU s'applique de la même manière aux différents produits dérivés. Le taux global passe de 30 % à 31,4 % avec la hausse des prélèvements sociaux (CSG) votée par la LOI n° 2025-1403 du 30 décembre 2025.
| Instrument | Qualification fiscale | Régime d'imposition | Abattement durée de détention |
|---|---|---|---|
| Options négociables, futures | Instrument financier à terme (art. 150 ter CGI) | PFU — 12,8 % IR + PS | Aucun |
| CFD (contracts for difference) | Assimilé à un instrument financier à terme | PFU — 12,8 % IR + PS | Aucun |
| Warrants, turbos, certificats | Plus-values de cession de valeurs mobilières | PFU — 12,8 % IR + PS | Aucun |
| Parts de FCIMT | Cession de parts (fonds sur marchés à terme) | PFU — à déclarer via 2074 | Aucun |
Les pertes nettes subies sur les opérations à terme et les produits dérivés ne peuvent en aucun cas être imputées sur votre revenu global (salaires, revenus fonciers, pensions, etc.).
Elles ne sont déductibles que des profits de même nature — c'est-à-dire d'autres gains sur instruments financiers à terme — réalisés au cours de la même année, puis reportables sur les 10 années suivantes.
C'est une « poche » fiscale autonome : une perte sur dérivés ne se compense pas avec une plus-value d'actions, et inversement. Ne mélangez pas les régimes.
L'application de l'article 150 ter CGI suppose une activité exercée à titre non professionnel. Lorsque le trading devient habituel et présente les caractéristiques d'une véritable activité professionnelle, le régime change.
| Situation | Régime applicable | Imposition | Doctrine / base |
|---|---|---|---|
| Gestion patrimoniale, à titre non professionnel | Article 150 ter CGI | PFU (ou barème sur option) | Art. 150 ter à 150 septies CGI |
| Trading à titre habituel / professionnel | Bénéfices non commerciaux (BNC) | Barème progressif de l'IR | BOI-BNC-SECT-50 |
Les profits relevant de l'article 150 ter CGI, ainsi que les cessions de parts de FCIMT, se déclarent via le formulaire 2074, dont le résultat est reporté sur la déclaration 2042 / 2042-C.
• Calcul et report des profits/pertes sur le formulaire 2074.
• Un broker étranger (IBKR, etc.) ne fournit pas d'IFU pré-rempli pour le fisc français : conservez le détail de chaque opération.
• Les pertes doivent être déclarées l'année de réalisation pour préserver le report sur 10 ans.
Questions fréquentes
Comment sont imposés les produits dérivés en France ?
Les profits réalisés par un particulier résident fiscal sur des instruments financiers à terme (marché à terme type futures, marché d'options négociables, bons d'option, warrants) relèvent de l'article 150 ter du CGI (complété par les articles 150 quater à 150 septies). Ils sont imposés au prélèvement forfaitaire unique (PFU) : 12,8 % d'impôt sur le revenu + prélèvements sociaux, soit 30 % → 31,4 % depuis la hausse de la CSG (LOI n° 2025-1403 du 30 décembre 2025). Il n'existe aucun abattement pour durée de détention sur ces gains.
Et les CFD, warrants et turbos ?
Les CFD (contracts for difference) sont assimilés à des instruments financiers à terme et suivent donc le même régime que les options et futures (article 150 ter CGI) → PFU. Les warrants, turbos et certificats cotés sont quant à eux traités comme des plus-values de cession de valeurs mobilières → également imposés au PFU. Dans les deux cas : pas d'abattement pour durée de détention et prélèvements sociaux dus.
Mes pertes sur produits dérivés sont-elles déductibles de mon revenu ?
Non. Les pertes nettes sur opérations à terme et produits dérivés ne peuvent en aucun cas être imputées sur le revenu global (salaires, revenus fonciers, etc.). Elles ne sont déductibles que des profits de même nature réalisés au cours de la même année, puis reportables sur les 10 années suivantes. Cette règle est plus stricte que pour les plus-values de valeurs mobilières classiques : ne confondez pas les deux « poches ».
Que se passe-t-il si je trade « à titre habituel » ?
Lorsque l'activité de trading sur dérivés est exercée à titre habituel et dans des conditions assimilables à une activité professionnelle, les gains basculent dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC) et sont alors imposés au barème progressif de l'impôt sur le revenu (doctrine BOI-BNC-SECT-50). Ce régime modifie aussi le traitement des charges et des déficits. La frontière entre gestion patrimoniale et activité professionnelle s'apprécie au cas par cas.
Quel formulaire remplir pour déclarer mes produits dérivés ?
Les profits relevant de l'article 150 ter CGI se déclarent via le formulaire 2074, dont le résultat est reporté sur la déclaration 2042 / 2042-C. Les cessions de parts de FCIMT (fonds communs d'intervention sur les marchés à terme) sont également déclarées via le 2074. Conservez le détail de vos opérations : un broker étranger ne fournit pas d'IFU pré-rempli pour le fisc français.
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Ce contenu est une information générale — pas un conseil fiscal ou juridique. Pour un avis contraignant, consultez un expert-comptable ou conseiller fiscal agréé. Mise à jour : 09/2026